vendredi 18 mai 2012

La recherche du Bien et du Bonheur (cours)

Qu'est-ce qu'une vie réussie ? Qu'est-ce qu'une belle vie ?


Introduction
Le « Bien » est, en général, la finalité de toute action possible. Les hommes cherchent naturellement le bien pour eux : même le « méchant » pense faire le bien, si ce n’est pour autrui, au moins pour lui-même. Par ailleurs "tous les hommes cherchent le bonheur", dit Aristote, justement parce que le bonheur représente en général l'ensemble des biens souhaitables… Le Bonheur pourrait se définir comme la satisfaction complète et durable de tous nos désirs, ou à défaut des plus importants. C'est en quoi il faut le distinguer des simples plaisirs passagers, et même de la joie. On le considère en général comme le but de la vie, voire comme l’équivalent d’une « vie réussie ». Mais qu’est-ce qu’une vie réussie ? Ce qui représente pour moi la réussite peut bien représenter l’échec pour un autre !
L’étymologie ne nous aide guère, puisqu’elle fait peu ou prou remonter le bonheur à l’idée de chance : « bonne-heure », bonne nouvelle, « mal-heure », mauvaise nouvelle… Comment pourrions-nous faire du bonheur l’objet d’une réflexion philosophique s’il se ramène à une affaire de chance ? Mais cette voie est celle de la superstition. Les philosophes de l’antiquité ont cherché au contraire les conditions personnelles, et néanmoins rationnelles, de la réalisation du bonheur : cela s’appelle la vertu.
C'est ainsi que nous rencontrons le concept du Devoir. Faut-il faire son devoir, faut-il faire le bien, fait-il être quelqu'un de "bien" pour "réussir sa vie" et ainsi être heureux, ou au moins mériter d'être heureux ? L'éthique des Anciens se présentait résolument comme une philosophie du bonheur. Tandis que les philosophes modernes, influencés par le christianisme comme Kant, donc a priori plus universalistes que les Anciens, voient éventuellement dans le bonheur une récompense mais non une conséquence de la conduite vertueuse. Pourtant ne peut-on réunir les conditions du bonheur (le mien) et les conditions de la moralité (le Bien de tous) ? Peut-on vraiment être heureux si les autres sont dans le malheur ? L’idée du bonheur ne dépend-elle pas justement d’un Idéal, qui pourrait unir tous les hommes ?
Cependant un idéal n'est-il pas par définition une projection, un rêve irréalisable ? Dans ces conditions, pourquoi ne pas rechercher en soi-même les conditions d'une "belle vie", une vie heureuse ici-même et maintenant ? Le bonheur est-il un but dans la vie (ce que semble sous-entendre l'expression "réussir sa vie", avec l'idée d'accomplir quelque chose, de se réaliser, etc.) ou simplement une manière de voir la vie et d'être en vie (ce que laisse entendre plus simplement mais énigmatiquement l'expression : "belle vie") ?