lundi 25 janvier 2010

Fiches de dissertation et d'explication

(Classes de terminales) - Ces fiches peuvent vous aider à faire vos plans de dissertation en même temps qu'elle récapitulent (visuellement) la méthodologie.


Fiche de dissertation




Fiche de commentaire de texte


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jeudi 7 janvier 2010

Savons-nous bien ce que nous désirons ? (cours)


Introduction

Spontanément, le désir n’évoque rien de très « philosophique », si l’on entend par-là (toujours spontanément) quelque chose d’« élevé ». Le désir évoque plutôt l’empire du corps, du "matériel" et du charnel : on pense immédiatement à pulsion, sexualité, plaisir, passion... Voyons ce que dit l’étymologie. Le verbe “désirer” vient du latin « desiderare ». « Sidus », « sideris » : constellation. « Considerare », c’est contempler l’astre. « Desiderare » c’est regretter son absence. L’étymologie nous indique déjà au mois deux présupposés (deux préjugés ?) : 1° l’objet du désir est merveilleux (brillant, illusoire ?) 2° il est absent : le désir est manque.
Lalande, dans son Dictionnaire, définit le désir comme une “tendance spontanée et consciente vers une fin connue ou imaginée”. La fin ou le but est ici l’«objet » du désir. Désirer, c’est tendre vers quelque chose. Mais la « tendance » est souvent assimilée à la pulsion spontanée, c’est pourquoi Lalande ajoute l’adjectif « consciente ». Pour autant il ne faudrait pas confondre le désir et la volonté. La volonté est consciente a priori : normalement, je sais ce que je veux ! Même si quelqu'un me fait remarquer avec un air légèrement exaspéré : "tu ne sais pas ce que tu veux !", cette phrase a justement pour signification : "ce que tu désires (réellement) n'est pas ce que tu veux (apparemment)", donc "tu ne sais pas ce que tu désires". Ce qui est conscient dans le désir c’est le fait même de désirer ; ce qui a priori est inconscient c'est pourquoi je désire ; enfin ce qui est plus ou moins conscient, c'est l'objet du désir… D’où la suite ambiguë de la définition : « connue ou imaginée ». Une fin imaginée, cela peut aussi bien être un objet rêvé au sens d’idéal qu’un objet rêvé au sens d’illusoire, inexistant… En tout cas cet aspect imaginaire de l’objet du désir introduit un doute : savons-nous vraiment ce que nous désirons ? Au-delà des objets immédiats que l'on "croit" désirer, le motif véritable qui relance sans cesse notre désir n'est-il pas par définition "autre" et mystérieux ?
Cependant selon une première hypothèse qui est majoritairement celle des philosophes antiques, le désir serait un phénomène "naturel" se donnant des buts eux-mêmes naturels, comme se nourrir convenablement, s'accorder des satisfactions physiques et intellectuelles, et tout ceci finalement dans le but supérieur d'accéder au bonheur
Mais l'homme désire t-il "simplement" comme un être naturel ? Peut-il se conter d'un bonheur "simple" et d'ailleurs est-il fait pour le bonheur ? Si le sujet est essentiellement conscient, il faut bien que son désir le soit aussi, ou du moins qu'il se montre à la "hauteur" de la conscience. Peut-être même une conscience désire-t-elle avant tout d'autres consciences, c'est-à-dire d'autres humains ? Après tout, qu'est-ce que le désir sexuel (ou amoureux) sinon le désir de l'Autre en tant que tel, même si cela passe par la possession charnelle ? Or, savons-nous bien ce que nous désirons quand nous nous désirons "entre" humains ? S'agit-il de "posséder" l'autre, s'agit-il de se déposséder de soi-même, comme cela semble être le cas dans la passion amoureuse ?
Par ailleurs, s'il est vrai que le désir se construit sur la base des pulsions inconscientes, s'il se nourrit de fantasmes produits par l'inconscient, n'est-il pas encore plus énigmatique ? Qu'est-ce qui nourrit le désir ? Qu'est-ce qui tue le désir ?