samedi 25 octobre 2008

Texte de Hegel : Socrate

.
Avec Socrate, au début de la guerre du Péloponnèse, le principe de l'intériorité, l'indépendance absolue de la pensée en soi, est parvenu à s'exprimer librement. n enseignait que l'homme devait trouver et reconnaître en lui-même ce qui est juste et bien et que par sa nature ce juste et ce bien est universel. Socrate est célèbre comme maître de morale ; mais bien plus, il a inventé la morale. Les Grecs ont eu de la moralité, mais les vertus, les devoirs moraux, voilà ce que voulait leur enseigner Socrate. L'homme moral n'est pas celui qui veut et qui fait le bien, ce n'est pas seulement l'homme innocent, mais celui qui a conscience de son action.
En appelant Sagesse la conviction qui détermine l'homme à agir, Socrate a attribué au sujet, à l'encontre de la patrie et de la coutume, la décision finale, se faisant ainsi oracle, au sens grec. Il disait qu'il avait en lui un "daimon" qui lui conseillait ce qu'il devait faire et qui lui révélait ce qui était utile à ses amis. Le monde intérieur de la subjectivité en paraissant a provoqué la rupture avec la réalité. Si Socrate lui-même, il est vrai, accomplissait encore ses devoirs de citoyen, la vraie patrie pour lui n'était pas cet État actuellement existant et la religion de celui-ci, mais le monde de la pensée. Alors fut soulevée la question de l'existence des dieux et de leur nature.
HEGEL





Est-il sage de chercher à se connaître ?

.

 cliquez sur l'image 

jeudi 23 octobre 2008

L'exercice du doute est-il le monopole du philosophe ?


- quelques pistes -


Analyse du sujet

"Philosophe" : Celui qui exerce une réflexion essentiellement libre, quoique informée et rigoureuse. Il faudra se demander si cette définition s'applique indifféremment au « peuple » et au « professionnel » de la philosophie. D'où la question du ...

"Monopole" : l'exclusivité d'une pratique, d'un commerce. Domination sans partage. Cela pose le problème du « pouvoir » de la philosophie: peut-elle revendiquer un monopole, si elle est libre ? Un monopole devrait apporter l'assurance d'une domination, or le philosophe ...

"Doute". On peut à tout le moins distinguer deux sortes de doute: 1) le doute naturel et spontané: hésitation due à l'incertitude d'une assertion ou à la non-prépondérance de raisons d'agir ; 2) le doute philosophique: il repose sur la résolution de douter. Il présente lui-même deux figures, le doute sceptique et le doute méthodique. Le premier, qui peut aller jusqu'au trouble informulé, semble plutôt passif, tandis que le second, prenant l'aspect formel de l'interrogation, semble en effet le nerf de la philosophie.
Le terme « exercice » apporte un présupposé : le doute est précisément une activité, positive et volontaire.

jeudi 16 octobre 2008

La Conscience - TD



" Comment n'être pas frappé du fait que l'homme est capable d'apprendre n'importe quel exercice, de fabriquer n'importe quel objet, enfin d'acquérir n'importe quelle habitude motrice, alors que la faculté de combiner des mouvements nouveaux est strictement limitée chez l'animal le mieux doué, même chez le singe ? La caractéristique cérébrale de l'homme est là. Le cerveau humain est fait, comme tout cerveau, pour monter des mécanismes moteurs et pour nous laisser choisir parmi eux, à un instant quelconque, celui que nous mettrons en mouvement par un jeu de déclic. Mais il diffère des autres cerveaux en ce que le nombre des mécanismes qu'il peut monter, et par conséquent le nombre des déclics entre lesquels il donne le choix, est indéfini. Or, du limité à l'illimité il y a toute la distance du fermé à l'ouvert. Ce n'est pas une différence de degré, mais de nature.
Radicale aussi, par conséquent, est la différence entre la conscience de l'animal, même le plus intelligent, et la conscience humaine. Car la conscience correspond exactement à la puissance de choix dont l'être vivant dispose ; elle est coextensive à la frange d'action possible qui entoure l'action réelle : conscience est synonyme d'invention et de liberté. Or, chez l'animal, l'invention n'est jamais qu'une variation sur le thème de la routine. Enfermé dans les habitudes de l'espèce, il arrive sans doute à les élargir par son initiative individuelle ; mais il n'échappe à l'automatisme que pour un instant, juste le temps de créer un automatisme nouveau : les portes de sa prison se referment aussitôt ouvertes ; en tirant sur sa chaîne il ne réussit qu'à l'allonger. Avec l'homme, la conscience brise la chaîne. Chez l'homme, et chez l'homme seulement, elle se libère. " - Henri Bergson (20è)

Le Sujet - TD

Réflexion : Un homme peut-il changer avec le temps ?

Texte de PLATON (Le Banquet)

"Quand on dit de chaque être vivant qu'il vit et qu'il reste le même -- par exemple, on dit qu'il reste le même de l'enfance à la vieillesse --, cet être en vérité n'a jamais en lui les mêmes choses. Même si l'on dit qu'il reste le même, il ne cesse pourtant, tout en subissant certaines pertes, de devenir nouveau, par ses cheveux, par sa chair, par ses os, par son sang, c'est-à-dire par tout son corps.
Et cela est vrai non seulement de son corps, mais aussi de son âme. Dispositions, caractères, opinions, désirs, plaisirs, chagrins, craintes, aucune de ces choses n'est jamais identique en chacun de nous; bien au contraire, il en est qui naissent, alors que d'autres meurent. C'est en effet de cette façon que se trouve assurée la sauvegarde de tout ce qui est mortel; non pas parce que cet être reste toujours exactement le même à l'instar de ce qui est divin, mais parce que ce qui s'en va et qui vieillit laisse place à un être nouveau, qui ressemble à ce qu'il était. Voilà par quel moyen, Socrate, ce qui est mortel participe de l'immortalité, tant le corps que tout le reste."